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Charte de l'Eco-Hameau du Pré aux Graines

I - Présentation Générale

Historique


A l'origine, à l'automne 2006, un couple a pris l'initiative de rechercher, à Nort-sur-Erdre, un terrain assez grand pour accueillir plusieurs familles motivées pour construire des maisons bioclimatiques.

 

Lors d'un premier contact, la municipalité a fait savoir que ce type de projet l'intéressait mais ne pouvait être envisagé à son initiative à court terme. La recherche s'est donc orientée vers un terrain privé.

Ayant trouvé un terrain a priori adapté au projet, en décembre 2006 un deuxième couple a rejoint le premier, et ils se sont mis en quête de familles intéressées, d'une part au sein de l'association H.E.N. (Habitats et Energies Naturels) dans laquelle une réflexion sur les éco-hameaux était en cours,  d'autre part en mettant une affiche sur un marché de producteurs bio, « Graines de bio », à Nort-sur-Erdre.

 

Rapidement des personnes se sont manifestées. Ne sachant à l'avance ni le prix du terrain, ni les engagements de chacun pour le projet, les deux premiers couples décident d'accueillir les huit premières familles. C'est ainsi que, dès le départ, dix foyers qui ne se connaissent pas, mais partagent des idées et des objectifs, vont s'impliquer dans l'aventure.

 

Pendant une année, les échanges entre tous les participants vont contribuer progressivement à la construction du projet et à la dynamique du groupe. Chaque membre exprime ses envies, ses objectifs, ses craintes et prend la mesure de l'aspect social et collectif du projet. Chacun participe à sa façon, en fonction de ses compétences et de ses centres d'intérêts, aux démarches et aux décisions des différentes étapes :

contacts avec la municipalité, les propriétaires du terrain ;

démarches auprès des administrations, des notaires, des banques, etc. ;

recherche d'informations multiples, notamment à propos du logement social ;

démarches auprès des divers professionnels de l'habitat : architectes, géomètres, artisans, bureaux d'études VRD (= voiries et réseaux divers) ;

mise en place de journées d'information (eau, assainissement) ;

visites d'éco-hameaux ou maisons bioclimatiques individuelles.

 

Dès le 13 mars 2007, les réunions hebdomadaires ont d'emblée pris la forme d'expression libre et démocratique. Les compétences multiples, les centres d'intérêts variés, les connaissances individuelles et particulières de tous les membres du groupe ont mis en valeur la richesse des différences et ont permis peu à peu la mise en place du projet, tout en favorisant la cohérence et la cohésion du groupe. En cela, notre démarche se singularise par rapport à d'autres projets initiés par des promoteurs ou des municipalités.

 

Ce qui nous rassemble

 

Par ses multiples facettes, ce projet vise à promouvoir un exemple concret d'une action collective, grâce à la conjugaison des talents de particuliers et de professionnels. Esprits innovants, les acteurs s'engagent pour le respect de l'environnement, de la santé et l'utilisation rationnelle des ressources naturelles. Pour répondre à cela, les participants partagent les trois objectifs suivants :

 

S'engager dans une démarche de diminution de leur empreinte écologique à tous les niveaux :


-  Par un projet collectif autour de l'habitat bioclimatique


- Par une vie simple, naturelle et de qualité, une éco-consommation responsable avec une limitation des consommations d'eau et d'énergie, le recours aux ressources naturelles du lieu (puits, récupération de l'eau de pluie, soleil, ...), la consommation de produits écologiques (choix et usage de produits de lessive, vaisselle, entretien respectueux de l'environnement) et/ou du terroir.

 

‚ Adhérer à un projet d'habitat regroupé permettant de concilier des espaces de vie privée/privés avec la mutualisation d'espaces et d'équipements collectifs (atelier, serre, four à pain, jeux pour les enfants, ...). L'aménagement choisi pour les espaces a donc permis de prendre en compte cette recherche de cohérence, d'équilibre entre intimité et convivialité, entre parties communes et espaces privés à respecter.


ƒ Favoriser le lien social à l'intérieur du site et avec l'environnement dans lequel il est inséré.



L’organisation de la société est fondée sur une logique où les gens se retrouvent agglomérés dans des maisons, mises ensemble artificiellement, avec peu ou pas de liant entre les habitants.


L’ambition des habitants de l’éco-quartier est plutôt de se rassembler, non sur un mode communautaire, mais pour créer un endroit, un espace de solidarité, d’échange, d’entraide. Ils font la démarche de se regrouper, de s’entendre sur les valeurs de base et ils ont les mêmes aspirations : l’envie d’une vie différente, d’une solidarité et surtout des convictions concernant l’habitat écologique. Toutes ces convergences sont des atouts majeurs pour favoriser les relations entre eux et avec leur environnement.

 


Description du terrain et de l’aménagement de l’espace


Description générale


Le terrain d’environ 8700 m² se situe au sein du bourg de Nort-sur-Erdre, à proximité de la gare qui sera remise en service en 2012.

Il est entouré d’un lotissement au Nord, d’un ruisseau à l’Est, et du vieux quartier du Riot. Au sud-Ouest, on trouve les bâtiments de l’ancienne ferme et enfin, au Sud, une ouverture sur la voirie, vers le bourg.

Le terrain est en pente douce d’Ouest en Est et en partie inondable à proximité du ruisseau, au plus bas de la pente, ce qui le rend inconstructible sur une bande de quinze mètres.


Avec l’aide d’architectes et d’un paysagiste, l’organisation de l’espace s’est progressivement dessinée : il a été décidé les principes et aménagements suivants :

 




‚Principe de base du découpage de l’espace


Chaque foyer est propriétaire de sa parcelle privée, d'une même surface, et co-propriétaire des parties communes (en finançant 10% du terrain), qui représentent environ 60% de la surface totale.


ƒPrincipes par rapport à l’aménagement des parties communes


Garder si possible certains gros arbres existants ;

ainsi, le pin parasol, le tilleul, le pommier, le cerisier, des bambous, les noyers, etc. ;

Grouper les maisons pour favoriser des espaces verts regroupés et plus vastes ;

Favoriser les déplacements piétons et limiter l’usage de la voiture :

parking visiteurs à l’entrée et parking privés regroupés au maximum,

voies non goudronnées et à usage mixte ;

Proposer des espaces communs :

jeux pour les enfants,

espace de convivialité pour tous (petite place sous le pin parasol et bancs sous le tilleul),

panneau d’affichage,

four à pain collectif,

préservation du puits ;

Envisager l’intégration aux espaces verts d’un système d’épuration des eaux usées par phyto-épuration ;

Veiller à la sécurité de tous :

aménagements divers le long du ruisseau, à l'entrée, ...

circulation ;

Installer les boîtes aux lettres à l’entrée du village.


„Principes par rapport à l’aménagement des parties privatives
Si l’aménagement des parties communes est mis en œuvre à partir de principes discutés ensemble, chaque foyer dispose autour de sa maison d’un espace totalement privé. Toutefois, quelques principes préalablement établis régissent également ces aménagements privés. Chacun peut, selon ses choix, y installer un abri, une terrasse, planter des fleurs, prévoir un emplacement pour un arrêt minute en voiture, et, s’il le souhaite, délimiter son espace non par des clôtures ou un mur mais plutôt à l’aide de végétaux (arbustes, fleurs, fruitiers, …), dans la mesure où ils n’entraînent pas une gêne pour le voisinage.

 
La superficie totale du lotissement n’accorde qu’une parcelle relativement restreinte, à chaque foyer, en dehors de la voirie et des espaces communs. De plus, l’espace intime autour des maisons est réduit pour regrouper ailleurs les jardins potagers privés, les espaces de jeux, de bricolage, de regroupement, de stationnement, … Chacun a pris conscience, à un stade de l’élaboration du projet, que l’espace extérieur effectivement utilisé autour de la maison correspond, le plus souvent, à la superficie totale de cette dernière. Seule une vue plus large est nécessaire pour ne pas se sentir « enfermé », ce que l’aménagement du terrain rend possible avec les espaces communs.

 
Les maisons sont ainsi disposées de façon à concilier tous ces aspects.

 
Un tel projet met en œuvre de multiples aspects et ne peut s’élaborer que progressivement. C’est ainsi que tout au long de presque deux années, les membres du groupe se sont engagés dans une démarche soutenue. Peu à peu, et simultanément, les aspects écologiques, sociaux et économiques se sont interférés, conjugués, combinés. Chacun a pu confronter ses connaissances, nourrir sa réflexion, développer ses choix, apporter sa contribution au groupe. De cette façon, au fur et à mesure des échanges, chacun s’est investi concrètement dans le projet, notamment en s’appropriant réellement le terrain.


Le résultat de cette élaboration a fait émerger la nécessité de s’engager dans une direction commune et dans le partage d’objectifs. Suivre la même direction signifie « aller ensemble vers ». Il ne s’agit donc pas d’imposer un modèle ou des normes, ni de rallier un cadre rigide et sectaire, difficile voire impossible à mettre en œuvre. Chacun doit veiller, suivant ses possibilités (financières ou autre), à tendre vers ces objectifs préalables et définis collectivement. Tout comme la liberté de croyance reste primordiale, chacun reste libre de faire ses propres choix, sans modèle imposé et sans imposer son modèle.


Afin de bien partager le sens du « vivre ensemble », chaque membre du groupe a exposé ses idées, ce qui nous a permis de définir collectivement les objectifs de notre projet.




II - Les Objectifs partagés

L’empreinte écologique

              Les Bâtiments


                - des bâtiments sains et passifs



Rappelons que le secteur du  bâtiment est, en Europe, l’un des premiers consommateurs d’énergie primaire, d’où, pour nous, l’importance du choix de maisons passives construites avec :

des orientations optimales au sud  pour l’apport de soleil en hiver,

une isolation thermique renforcée,

des matériaux  à faible énergie grise (paille, bois, briques monomur, pisé),

des menuiseries en bois et /ou aluminium avec double ou triple vitrage, en excluant le PVC.


Nous essayerons, autant que possible, d’utiliser des matériaux naturels, respirants et recyclables, pour l’intérieur comme pour l’extérieur, en proscrivant le parpaing de béton (à moins qu’il soit recyclé) et le polystyrène.

Sans vouloir que nos maisons soient identiques, nous ferons en sorte de trouver une harmonie architecturale pour que celles-ci s’intègrent au mieux dans le paysage urbain.


- des énergies renouvelables



Pour limiter la consommation d’énergie fossile et nucléaire, plusieurs choix  sont possibles :

poêles à bois,

chauffage par certaines pompes à chaleur, par rayonnement (via les murs ou le sol), par biomasse,

panneaux photovoltaïques et thermiques,

ventilation double flux avec ou sans puits canadien,

réseau de chaleur.

 

‚Le terrain, les espaces verts



- les potagers

 
Bien qu’individuels, tous souhaitons des jardins « bio », avec des apports de fumure naturelle (compost, …) et l’installation d’un système de récupération d’eau de pluie pour l’arrosage. Espérons que les « pro » de jardinage apporteront aux débutants, conseils, astuces et techniques sur, par exemple, les cultures associées, les nouvelles plantes, l’agrobiologie. Peut-être faudra t-il prévoir une cabane de jardin, pour stocker les petits et gros outils, ainsi qu’une serre. Peut-être pourra-t-on prévoir aussi un espace commun pour les plantes aromatiques et un emplacement pour les divers purins (orties, rhumex, plantain, ail, cansoude,…).

 
Si des familles ne se sentent pas la « fibre jardinière » ou manquent de temps, elles devront néanmoins faire en sorte que leur jardin ne reste pas en friche.

 
Nous avons beaucoup discuté sur la question d’un verger collectif mais se pose le problème de la récolte des fruits : comment se servir de manière équitable ? Le groupe continue d’y réfléchir.




- les autres espaces communs



Nous voulons faire coexister l’espace piétons et l’espace voiture, créer des espaces de jeux pour les enfants, trouver un petit terrain de sport pour les ados et les adultes. Nous ne souhaitons pas d’enrobés de bitume ou de goudron pour les allées et les places de parkings, mais soyons certains que l’équipe « viabilisation » aura trouvé des solutions autres et aura aussi planché sur les réseaux enterrés (électricité, téléphone).

 
Chaque famille ayant besoin d’intimité, les terrains pourront être délimités par des arbustes, des tressages en saule, des arbres fruitiers, des fleurs, … sans que cela gêne les voisins. Personne ne souhaite de grillage et pour ceux qui ont envie d’une plus grande tranquillité, des palissades en bois pourront être installées. La hauteur maximale des séparations ne devra pas dépasser 1,50 mètre.

 
Des haies seront prioritairement plantées, en évitant les mono-plantations d'essences du type cupressus, lauriers ou troènes, jugées trop envahissantes. Il existe une grande variété d’arbustes donc soyons innovants en matière de création de haies, tout en tenant compte des éventuelles nuisances pour le voisinage.

 
Certains proposent des plantations d’arbres aux abords du Riot (saules pleureurs, aulnes glutineux, sureaux) et d’autres suggèrent la plantation d’osiers, d’essences aquatiques endémiques et neutralisées qui feraient venir les grenouilles qui « boufferaient les moustiques ».

 
Pour avoir une vision agréable sur le hameau, un minimum d’entretien sera indispensable et donc obligatoire, tant autour des espaces communs que dans les espaces privés.

ƒ


 

       L’eau

 

La préservation de sa qualité et son économie sont les points essentiels ; ils se traduisent par les choix suivants :

- récupération des eaux de pluie dans des citernes enterées ; par ailleurs le puits existant sera utilisé de façon optimale (pour arroser les potagers, pour bricoler à l’atelier, …) ;

- l'utilisation rationnelle tant à la maison qu'au jardin ;

- choix d’utiliser des produits d'entretien biodégradables et pas de produits chimiques au jardin ;

- l'utilisation de produits désinfectants, pour des raisons professionnelles, nécessitera le raccordement au réseau du tout-à-l'égout.


„    Le bruit

 

     
La conception du village doit favoriser la coexistence d'endroits calmes et d'endroits pouvant être bruyant.
La règle générale consiste au respect d'autrui et de son identité : aussi il sera important de prévenir si des manifestations bruyantes (fêtes, réception etc.) doivent avoir lieu. Dans cet ordre d'idée, toute activité bruyante ne devra pas être effectuée le dimanche (bricolage, tonte de pelouse, ...). La circulation des véhicules à moteur ne pourra se faire que dans la limite de la stricte nécessité du déplacement...

Les visiteurs seront invités à se garer à l’entrée du village, sur les places de parking prévues à cet effet.


    Les transports et les véhicules

 

Par souci environnemental, différents choix seront à privilégier, à savoir :

- l'usage du train (gare à proximité) ;

- l'usage du vélo ou les déplacements à pied (centre du bourg à proximité) ;

- l'organisation de co-voiturage ;

- la mutualisation de véhicules ;

- l'utilisation de la biomasse issue de nos déchets ;

- l'utilisation de véhicules électriques ;

- l’achat de véhicules hybrides électriques en partage, mis à disposition de la collectivité ;

- la limitation des déplacements de véhicules à moteur.


†    Les déchets

 

La cohérence de la gestion des déchets repose sur :

- la définition d'un lieu de compostage et de tri pour les effluents de toilette et les déchets verts (achat éventuel d'un broyeur à végétaux) ;

-  le choix de l'éco-consommation (usage de produits locaux : moins d'emballage, moins de transports) ;

- le projet, à terme, d’assainissement des eaux usées par phyto-épuration.



La dimension collective


Les membres de l’éco-quartier partagent des valeurs communes qui les rassemblent. Notre projet se veut militant dans la démarche globale indépendamment des comportements individuels qui ne le recherchent pas obligatoirement. Cependant, dans nos choix, il faudra tendre vers une cohérence de nos actes avec nos idées, dans différents domaines.


Les Bâtiments collectifs



Les bâtiments collectifs souhaités sont constitués principalement d’une serre, d’un atelier ouvert aux activités de bricolage et de création artistique et d’un four à pain. L’atelier pourra comprendre un établi pour le gros outillage avec des casiers individuels pour ranger les outils.
Ils seront construits en commun, peut être sous forme de journées « organisées », pour favoriser l’harmonie, la cohérence du groupe ainsi que la convivialité.


Cependant, ces investissements devront être mesurés de manière consciente en fonction du budget de chacun.


La gestion de tous ces équipements sera à définir par l’Association Syndicale Libre (ASL) de l’éco-hameau.

   
D’autres équipements pourront venir compléter cette liste dans l’avenir. Les idées déjà avancées sont une hutte à sudation, une cabane de jardin commune, une chambre d’amis (qui pourrait se décliner sous la forme soit d’une roulotte, soit d’une yourte), une salle commune de jeux et de réception, un fil à linge collectif pour objets encombrants, une cabane fermée pour les pommes de terre, etc.

 


L'outillage commun de bricolage ou de jardinage



Il peut s’agir d’une remorque, de matériel de jardinage, d’un tracteur de tonte. Dans cette hypothèse, une caisse commune pour l’usure et l’entretien du matériel pourrait être prévue.

 
            
             La gestion et l'entretien des parties communes (espaces verts et bâtiments collectifs)


Ils sous-entendent une bonne répartition des tâches. Pour y parvenir, plusieurs possibilités peuvent être envisagées ; soit un nombre d’heures par mois à consacrer à la collectivité, soit la mise en place de journées d’entretien du site, soit la sous-traitance à une structure extérieure.
S’ils sont supportés par la collectivité, il reste à définir si ces travaux se feront à l’aide de nos outils personnels ou communs, et qui en assumera l’entretien.


 

Le bois de chauffage



Des journées « bois de chauffage » peuvent être imaginées et organisées. Il pourra être partiellement ou totalement stocké en commun.


 

Les matériaux de construction




Le regroupement des achats de matériaux de construction devrait engendrer des économies d’échelle.


 

Le jardin commun



Des plantations communes pourront être envisagées sur le terrain de Marité et Michel PASGRIMAUD situé à l’extérieur du bourg de Nort sur Erdre (pommes de terre….).


 

Les enfants



S’agissant des jeux pour les enfants, l’ASL devra réfléchir aux matériaux utilisés.
Une réflexion pourra être menée sur un mode de garde mutualisé.


 

La sécurité



Un soin tout particulier devra être porté à la sécurité des enfants (outils dangereux, ruisseau…). Toute arme, de quelque nature qu’elle soit, sera interdite sur le site.

 

L’empreinte sociale

 

Au sein de l’éco-hameau


Comme l’expliquent les paragraphes I B k et l de la présente charte, nous concevons notre éco-hameau comme un lieu d’échanges privilégiés, au sein duquel nous souhaitons développer des valeurs de solidarité, d’entraide et de convivialité, tout en veillant au respect de chacun.



Le lien social ne se décrète pas, il se base sur l’envie d’échanger. Ainsi, ceux qui le désirent pourront partager des espaces et des projets communs, mais aussi des compétences. Par une implication continue à la vie du village, chacun à notre façon, nous aurons l’occasion de nous stimuler, nous enrichir et nous ouvrir aux autres.

 

Exemples d’actions communes possibles :

distribuer le courrier à tour de rôle

organiser des journées bois de chauffage, jardinage collectif, …

concevoir et construire ensemble un four solaire, un four à pain, …

 
Si l’aspect collectif de notre aventure est primordial, il ne doit pas venir en contradiction avec nos intérêts personnels. Ainsi, nous devrons tous veiller à respecter la vie privée de chacun. Il nous faudra trouver un équilibre entre notre nécessaire intimité personnelle et familiale et nos préoccupations communes. Personne ne devra se sentir envahi par ses voisins, mais au contraire respecté dans toutes ses dimensions (culturelle, sociale, familiale, …).

 

Exemples d’attitudes bienveillantes :

prévenir en cas de fête, de réception

penser, et donc éviter, les éventuelles gênes occasionnées par l’aménagement de son espace intime (haies, abris de jardin, …)

se sentir concernés par tous les enfants du village

 
Afin de préserver un climat de bien être et de bonne entente, il faut envisager la création d’une instance collective. Elle serait chargée d’organiser et de définir les règles de vie en commun, de prendre des décisions quant à l’entretien des parties communes ou à la prévision de nouveaux aménagements, et de réguler les éventuels conflits. Afin de réduire au maximum cette dernière attribution, une bonne communication entre nous est essentielle. Nous devrons nous réunir régulièrement, afin d’échanger, d’exprimer, de débattre et de réinventer, dans un climat d’écoute et de respect mutuel. La fréquence et le mode de gestion de ces réunions restent à définir (une fois par mois ? par trimestre ? par semestre ? avec un animateur différent à chaque fois ?). Il est bien entendu que chacun reste libre de s’exprimer sur ses ressentis, positifs comme négatifs, aussi en dehors de ces temps de discussion…

 
Ce climat de bien être et de bonne entente s’enrichira aussi grâce à des moments de convivialité, comme des fêtes de village (autour de dates anniversaires importantes pour le groupe, par exemple), des pique-niques, ou tout simplement des repas partagés. Ces réunions festives pourront être périodiques tout comme impromptues. L’organisation matérielle de la place du village, notamment, pourra faciliter cette convivialité.

 

Exemples d’installations et d’actions conviviales :

une table

un espace feu

des bancs

un four solaire, un four à pain

un mur/préau d’expression, où chacun pourra inscrire des rendez-vous, des idées, des pensées, des messages, …

un espace pour jouer aux boules

des jeux pour les enfants (répartis sur tout l’espace collectif, pour qu’ils se l’approprient)

une salle de jeux commune

un atelier créations et bricolages

des matchs de foot

des expositions des œuvres des uns et des autres

des tournois d’échecs, de tarot, de belote

des animations diverses (musique, …)


‚Avec l’extérieur


Ce projet illustre notre volonté de participer à une réflexion collective sur l’importance de l’habitat écologique. C’est pourquoi, il nous tient à cœur d’ouvrir les portes de nos chantiers pour sensibiliser sur les matériaux et sur leur mise en œuvre.

 

- Par une action théorique :

 
Nous souhaitons participer ou organiser des conférences, des ateliers ou des débats avec des institutionnels, le public ou des écoles sur des thèmes liés à l’éco-construction, à l’eau, au vivre ensemble ou aux gestes responsables…

 
Nous envisageons des partenariats avec des associations (HEN, MALICE) pour la logistique, et avec des écoles, ou autres structures à vocation pédagogique, pour les ateliers.

 

- Par une action pratique :

 
Nous accueillerons sur nos chantiers des auto-constructeurs, qui se feront la main en travaillant avant la réalisation de leur propre projet. Il faudra alors penser à une organisation au sein de l’éco-hameau pour accueillir, nourrir et aider à l’hébergement de ces « bénévoles ».

 
Nous pouvons également ouvrir notre porte à des stagiaires, à la recherche de stages pratiques dans le cadre de leur formation ou de leur parcours de professionnalisation. Là encore, nous pouvons engager des partenariats avec des entreprises artisanales (Tierrhabitat et ses réseaux) et des centres de formation (FCMB, AFPA, MFR, …) qui nous permettraient de donner un cadre légal à ces stages.

 

- Par l’accueil de visiteurs :

 
Le village n’étant pas spécifiquement un lieu de visite, nous devrons étudier la possibilité d’accueillir le public avec un minimum de contraintes et de dérangements pour les habitants et pour leurs chantiers (voir périodicité).

 
Pour éviter autant que possible le côté « Ecoland » qui s’est développé dans d'autres lieux de ce type, nous pourrons instaurer des jours de visite.

 

- Par une participation active à la vie locale :

 
Il nous faut prêter une attention particulière aux relations que nous allons entretenir avec les institutions et les élus, afin que notre projet et sa dynamique ne soient pas récupérés par des politiques opportunistes.

 
Nous pourrons proposer aux voisins de l’éco-hameau des réunions, des pique-niques, des fêtes, des discussions, ... pour créer du lien avec l’environnement, les habitants des alentours (lotissement, maison de retraite, …).

 
Pour partager et témoigner de notre aventure collective, nous pourrions raconter cette expérience.

 

 


 
Conslusion



La constitution et l’évolution de notre groupe, l’élaboration des objectifs que nous partageons, la conception de l’aménagement du terrain, ... Toutes ces étapes se sont déroulées dans la discussion, l’écoute et le respect des avis de chacun. Cette charte est le reflet de nos réflexions à un moment donné. Nous devrons donc veiller à la faire évoluer, au fur et à mesure de nos échanges et de nos décisions, en gardant cet esprit bienveillant.



Nous avons mis plus d’un an à construire ce projet, et il est encore loin d’être abouti ! Nous aimerions d’ailleurs qu’il se bonifie dans le temps… à l’image de nos relations…

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